Le mouton solognot

Vers 1850, à son apogée, la race Solognote occupait une étendue de pays bien plus considérable que la Sologne. Les éleveurs du Val-de-Loire, de la Beauce et du Gâtinais gardaient des Solognots, pour les engraisser ou les faire se reproduire. Aujourd'hui, cette race est présente en Sologne (1), mais aussi dans toute la région Centre et les départements limitrophes. Nous en retrouvons aussi dans les Landes de Gascogne (2), les Landes de Bretagne (3), en Bourgogne (4) et dans le Dauphiné (5). Des animaux sont exportés dans l'Europe du Nord Pays-Bas (6), Allemagne (7) et au Maghreb (8)

Dés le XIIIe S, nous trouvons trace de moutons bigarrés, marrons et blancs. Vers 1770,
on note des témoignages de moutons roux et blancs, sans cornes. Dés 1800, la préférence
des éleveurs va aux moutons roux, et nous assistons à une absorption (ou une élimination)
des moutons blancs ou bigarrés par les moutons roux. Au Comice Agricole de Vierzon de 1853,
les moutons Solognots sont roux, preuve de pureté et de rusticité.
La couleur rousse rendrait-elle plus rustique ?
C'est la couleur qui garantit le mieux contre l'introduction de sang étranger, soit de Mérinos
pour améliorer la laine, soit de races anglaises pour améliorer le format.

Aujourd'hui, la race Solognote répond au Standard suivant : la taille est de 0.60 à 0.70 cm, la tête est fine et découverte, châtain uniforme, sans corne, la face est étroite et longue, le chanfrein est très légèrement bombé, les oreilles sont moyennes et horizontales, l'encolure est bien fondue avec les épaules, la selle est droite et longue, le gigot est assez développé, les pattes sont nues et châtain uniforme, la queue est non coupée et couverte de laine. La toison, qui va de la base des oreilles à quelques centimètres en dessous du jarret, ne couvre jamais la tête et ne revêt
complètement ni lagorge, ni le ventre, la laine a une finesse moyenne et une couleur bise, le poids moyen des toisons est de 1,5 kg pour les femelles, de 2,5 kg pour les béliers. Le poids à l'âge adulte pour les brebis est de 55 à 65 kg, pour les béliers de 80 à 90 kg. La Solognote a un tempérament intelligent, vif, curieux, indépendant, plus proche du caractère des chèvres que des autres moutons. Sa démarche est très fière.

La Solognote résiste bien aux parasites internes ainsi qu'au piétin, elle est pratiquement la seule race française à pouvoir pâturer les pieds dans l'eau et est une très bonne marcheuse. Elle
se distingue par son aptitude à valoriser les pâturages pauvres, les sous-bois ligneux, et par son exceptionnelle faculté à supporter des variations brusques de régime alimentaire, dit en accordéon. La Solognote a une bonne précocité sexuelle : les agnelles sont matures à 8 mois. L'aptitude au désaisonnement est important, un pourcentage important de brebis ayant des ovulations dès avril.
Enfin, le bélier Solognot est très ardent, et sa libido ne connaît pas de pause durant toute l'année. La facilité d'agnelage est l'un des grands avantages de la Solognote : les éleveurs de Solognote dorment la nuit en période d'agnelage !


La prolificité moyenne en plein air intégral est de 1,5 - 1,6, et peut monter à 1,8 en conditions d'élevage intensives. Les Solognotes sont de bonnes mères et ont une bonne valeur laitière. Elles protègent bien leurs agneaux contre les agressions. La longévité de la Solognote est remarquable : les brebis agnelant à 8, 9 voire 10 ans sont fréquentes et les éleveurs citent des cas de brebis agnelant et allaitant à 13 ans. La laine de Solognote a une magnifique teinte bise,
unique et inimitable. Quelques éleveurs reprenant la longue tradition lainière de la Sologne ont relancé cette transformation, avec une vente soit en pelotes, soit sous forme de diverses confections (pulls, chemises, capes, etc..